A cheval sur les départements de l’Isère et de la Savoie, la Chartreuse a conservé avec Saint Pierre d’Entremont, et ses deux villages jumeaux, la trace du partage du territoire de Viennois entre le Dauphiné et les premiers seigneurs de Savoie. Mais c’est à Saint-Pierre de Chartreuse que s’est forgée une histoire qui contribue au rayonnement de ce massif bien au-delà des frontières.
Grace à un lieu, à plus de mille d’altitude, au cœur du massif et du Désert de Chartreuse. Lieu uniquement consacré au Silence, semblant trait d’union vers le Ciel : le monastère de la Grande Chartreuse où vivent et prient une trentaine de pères et de frères dont l’engagement ne cesse d’attirer du monde.C’est pour préserver le silence indispensable aux fils de Saint-Bruno, que fut créé, en 1957 à la Correrie, un musée lien de communication entre deux mondes permettant de partager un peu de ce que vivent les religieux.
Lorsque guidé par l’évêque Hugues, Saint Bruno arrive dans le massif, en 1084, il trouve à l’entrée du Désert de Chartreuse, là où s’élève l’actuelle Correrie, un petit groupe de bâtiments qui deviendront « Maison Basse » des Chartreux, abritant successivement une imprimerie, un hôpital, une école de laiterie et même une colonie de vacances se forgeant, au fil des siècles, une histoire ancrée dans le passé.
Enluminure de Bernard Rey
"Le site de la Grande-Chartreuse vaut à lui seul un traité de spiritualité. Il témoigne, avec une éloquence merveilleuse, du gigantesque effort fait par nos Pères pour fuir le monde et se défendre contre lui. On dirait que le paysage même a été construit par des titans amoureux de solitude. »
Un Chartreux (Porion), « Ecoles de Silence », Editions Paroles et Silence/2001
"Au nombre des sites français les plus prisés des touristes, le monastère de la Grande Chartreuse dut un jour se doter d'un musée pour faire face à un afflux de visiteurs d'une telle densité que la tranquillité des Chartreux s'en trouvait affectée. Au point que, dans les années 1950, leur départ du massif soit envisagé. En 1957, la Correrie, qu’on qualifia un temps de «Petite Chartreuse », devint Musée de la Grande Chartreuse pour donner à voir et à comprendre sur cet ordre installé là depuis bientôt un millénaire.
C'est à cet édifice, qui existait avant même l'arrivée des Chartreux, que Martine Galiano a consacré un ouvrage.Un superbe et grand ouvrage, édité par la Vertevelle et fruit du long travail d’un auteur qualifiée «d'infatigable fouineuse» par le Prieur de la Grande Chartreuse. Un livre qui bien sûr traite de la création de ce musée mais plus encore de tout ce qui a pu forger l'histoire de la Correrie qui, bien avant, fut tour à tour infirmerie, imprimerie, fabrique de draps, premier hôpital de Chartreuse, école de laiterie et même colonie de vacances pour les enfants du Voironnais!
Un superbe ouvrage dont la couverture, discrètement rehaussée d'or à chaud, s'orne aussi d'une magnifique enluminure de Bernard Rey : un hommage à l'artiste disparu l'an dernier dont le nom est indissociable de celui de la Chartreuse et dont l'œuvre constitue, pour Martine, le plus précieux des héritages dédiés au massif."
"Une fouineuse ... C'est ainsi que la surnomme gentiment, dom Marcellin, prieur de la Grande Chartreuse et général de l'Ordre. Martine Galiano, publie un ouvrage sur l'histoire du musée de la Grande Chartreuse. Un musée installé dans les bâtiments de la Correrie depuis cinquante ans. Martine Galiano en retrace l'histoire à partir d'une importante documentation qu'elle a recueillie auprès des pères Chartreux, mais aussi des habitants du massif. « C'est un puzzle que je construis depuis au moins dix ans. A l'occasion d'une réunion sur le cinquantenaire du musée, en 2007, le révérend père étudie mon dossier et me donne l'autorisation de m'en servir ».
Régis Nicolet, directeur du musée, souligne l'importance du travail fait : « Nous ne sommes pas intervenus dans la rédaction. Nous souhaitions seulement que ce soit un beau livre. Les Chartreux avaient également la volonté que les choses soient bien dites et dites pour la durée. Nous avons tous fait confiance à Mme Galiano pour que le livre ait du sens et soit juste ».
Les bâtiments de la Correrie à 2 km du monastère tiennent une place importante dans le patrimoine cartusien. Le musée qu'elle abrite depuis 1957 a permis aux moines de retrouver paix et silence. Expulsés de leur monastère en 1903, les Chartreux en reprennent possession en 1940. Mais les touristes avaient pris l'habitude de se promener jusque sous les murs du monastère. Pour retrouver le silence qui leur est indispensable, tout en répondant à la demande du public qui cherche à connaître la vie cartusienne, les moines décident de la création du musée.
Dans le livre qui lui est aujourd'hui consacré, de nombreux encadrés, des photos, des dessins donnent aux lecteurs plusieurs entrées possibles. Et, petite fierté de l'auteur : « Les Chartreux m'ont autorisé à placer les numéros des pages dans leur emblème ». Le globe surmonté d'une croix avec sept étoiles signifie : "La croix reste stable tandis que le monde tourne". Il ne vous reste plus qu'à tourner les pages..."
Katia Aurard, Le Dauphiné Libéré, édition du 18 juin 2008
"Quand on s'interroge sur les choix qui ont décidé les Chartreux à s'installer dans leur désert pour suivre les règles de Saint Bruno, une partie de la réponse peut se trouver à la Correrie. Ce musée pas comme les autres, qui représente, aux yeux de l'Ordre, un lieu de communication entre le monde et lui. Un lieu permettant de pénétrer un peu dans l'intimité du monde cartusien, sans rompre le silence et la solitude des pères. D'où l'intérêt du livre que Martine Galiano vient de publier. Elle le dédicaçait hier pour la première fois en présence de dom Benoît, père procureur, de nombreux élus de la région, de Régis Nicolet, directeur du musée et d'Antoine Raymond, président de l'association auxiliaire de la vie cartusienne (AAVC).
Ce qui différencie ces 128 pages, de tout ce qui a pu être déjà écrit sur le sujet, c'est que l'auteur ne s'est pas cantonnée à la dimension historique du patrimoine cartusien. Elle donne à voir, à comprendre, à travers la vie quotidienne, des extraits de presse, des photos. Le livre s'adresse à un large public et tente de répondre à son attente.
L'ouvrage incite aussi à prendre le chemin de la Grande Chartreuse, pour faire escale au cœur de ce silence et visiter cette Correrie qui possède, rappelons-le, le label Musée de France, et accueille pas moins de 60 000 visiteurs chaque année. Sans attendre la fin des travaux de la galerie qui abritera d'ici 2009, vingt-cinq "Cartes de Chartreuse", réalisées à partir de 1860, représentant la plupart des maisons de l'Ordre."
Véronique Julliard - Le Dauphiné Libéré, édition du 20 juin 2008
Un moment d'exception...
C'est le sentiment unanime de vivre un moment d'exception qui aura prévalu ce jeudi soir lors de la sortie de l'ouvrage de Martine Galiano dédié à la Correrie de la Grande Chartreuse, en présence de très nombreux élus et officiels, dont Eliane Giraud Présidente du PNR de Chartreuse, Claude Degaspéri président de la Communauté de Communes, Jacques Pichon Martin conseiller général, ou bien encore Jean Claude Garrigues représentant notre titre.
Exception en effet par le cadre, avec cette magnifique grange des Chartreux à deux pas du Musée transformée pour la circonstance en immense salle de réception, dans une ambiance clair obscur qui renforçait l'émotion partagée par les participants à ce qu'il convient d'appeler un aboutissement. Aboutissement en effet pour un écrivain qui confirme là bien davantage qu'un simple talent d'écrivain désormais reconnu, avec ce superbe ouvrage à inscrire au nombre « des publications majeures », comme le soulignait Régis Nicolet, directeur du musée de la Grande Chartreuse installé depuis 50 ans dans ce qui fut jadis ancienne maison basse des Chartreux. Un lieu du lien entre les moines, voués à la clôture et au silence et le public qui s'interroge sur cet ordre arrivé en Chartreuse en 1084. Un lieu du lien, véritable interface entre deux mondes qui, désormais, aura son ouvrage grâce au travail de Martine qui, ce jeudi soir aura suscité la fierté et la reconnaissance des responsables du musée, dont Antoine Raymond président de l'AAVC, association gestionnaire du musée, mais aussi des acteurs institutionnels de ce territoire, dont Christophe Sestier maire de St Pierre de Chartreuse se fit un peu le porte parole.
« Merci Martine de savoir nous émerveiller par cette passion de l'écriture et de tout ce que vous faites pour la Chartreuse et sa mémoire »,concluait Régis Nicolet, s'adressant à celle qui rendit un bel hommage à tous ceux grâce à qui elle en est arrivée là, dont les anciens « qui m'ont entrainée dans leurs pas pour une remontée dans le temps qui constitue une véritable offrande que je vous souhaite de recevoir du même coeur qu'elle me fut offerte ».
Le Dauphiné Libéré, édition du 22 juin 2008
Lors de la présentation de l'ouvrage dans la grange de la Correrie en présence de Dom Benoit, Procureur des Chartreux