Tourbières et tuilerie en vallée de Chartreuse...
«Paresseux, vaseux, fétide, couvert d’une profusion de mauvaises herbes, le vaste marais ricane à la face du monde ». Rien ne peut sans doute mieux résumer, que cette phrase de Gabriele d’Annunzio, le sentiment qu’eurent longtemps les populations rivieroises et laurentinoises, à l’égard des marais de l’Herretang qu’ils croyaient à l’origine de bien des maux. Aujourd’hui on qualifie de tourbières ce site écologique devenu espace naturel remarquable.
Des marais aux tourbières, bien plus qu’une évolution de vocabulaire d’usage il y a une subtilité de taille, car si toutes les tourbières sont des marais, les marais ne sont pas forcément des tourbières. La Chartreuse a eu le double privilège et Saint Joseph de Rivière leur doit une bonne part de son économie et de son histoire.
C’est en 1836 qu’est née la commune de Saint Joseph-de-Rivière, « section distraite de Saint Laurent du Pont », comme le souligne l’ordonnance royale, paraphée par Louis-Philippe, le 14 Juillet 1836. Dix ans plus tard, en 1846, a lieu le premier recensement : Saint Joseph-de-Rivière compte alors 1455 habitants, 277 maisons et 305 ménages, dont une population « agglomérée » de 506 habitants à « Rivière, chef-lieu de la commune » et au hameau « Le Nême ». Dans ce premier recensement, Antoine Rully apparaît comme fabricant de tuiles, Jérôme Durand, François Gaillard, Joseph Garrel, Joseph Revol étant mentionnés en tant qu' ouvriers tuiliers.
La tuilerie devint une activité importante pour la vie locale, qui n’aurait pu exister sans la présence de ces marais, et donna naissance à une histoire qui s’est aussi imprimée sur nombre de toits, de Chartreuse ou d’ailleurs.

Le four de l'ancienne tuilerie Jay, à Saint Joseph de Rivière, avant sa restauration
"Tourbières et tuileries en vallée de Chartreuse",
une publication à paraître aux Editions de la Vertevelle