Ecrivain en Chartreuse

La Chartreuse est sans conteste l'un des plus beaux massifs du Dauphiné... Ne serait-ce que par la variété de ses paysages, faits de charme et de mystère...

 Historiquement, ce territoire appartenait aux comtes de Viennois ; Rodolphe, le dernier d’entre eux, partagea ses terres entre ses deux fils : Hubert II aux mains blanches et Guigues VI le vieux. Le Guiers Vif devenant la frontière, la partie au nord revint à la Maison de Savoie, tandis que l’autre partie, la plus vaste, restait dauphinoise. L’agglomération de Saint-Pierre-d’Entremont, avec ses deux communes, l’une en Isère, l’autre en Savoie, semble être restée le symbole de ce partage.

  Le massif doit sa célébrité évidemment au Monastère de la Grande Chartreuse, berceau d’un ordre au rayonnement mondial dont la devise est, à elle seule, tout un symbole : la croix demeure stable, tandis que le monde roule. L’emblème des Chartreux, créé en 1233 par le Révérend Père Dom Martin, consiste en un globe, surmonté de la croix, au-dessus de laquelle sept étoiles représentent Bruno et ses compagnons, venus en Chartreuse, en 1084, pour fonder un ordre religieux sur un domaine octroyé par Hugues, évêque de Grenoble.

  Massif mouvementé, paradis des randonneurs, la Chartreuse n’est que succession de plis et crêtes presque parallèles, gorges étroites et profondes, falaises et escarpements rocheux, grottes et cheminées pittoresques, failles gigantesques et vallées profondes aux multiples villages.

 Saint-Pierre-de-Chartreuse, capitale du Massif, existait bien avant l’arrivée de Saint-Bruno en 1084. A cette date, Carturissium était le hameau principal d’une paroisse de 107 foyers. C’est à sa situation, au centre même des montagnes de Chartreuse et de l’amphithéâtre naturel formé par le bassin intérieur du massif, que Saint-Pierre-de-Chartreuse doit d’être devenu un centre d’excursions réputé dès le siècle dernier. Au début du XXe siècle, les deux sites français les plus prisés des touristes étaient la Mer de Glace, à Chamonix, et la Chartreuse. La commune de Saint-Pierre-de-Chartreuse est, depuis fort longtemps, la plaque tournante de toutes les routes traversant le massif : la route de Grenoble par le Col de Porte et le Sappey, la route de Chambéry, par le Col du Cucheron et Saint-Pierre-d’Entremont, la route de Saint-Laurent-du-Pont par les gorges du Guiers-Mort.

  L’une des plus belles voies d’accès au Massif est celle du Désert, zone de silence et de recueillement, que protégeaient autrefois deux portes, dont celle de Fourvoirie construite en 1715. Sous le pont de l’usine de Fourvoirie, dont le parapet porte gravée la date de 1753, on aperçoit le petit pont que le comte de Savoie fit construire, au XIIIe siècle, sur la frontière entre Savoie et Dauphiné.

  Ici, le progrès a fait une irruption fracassante avec la mise en service, en décembre 1995, sur la rive gauche du Guiers, d’un tunnel dont l’entrée fait face aux bâtiments de l’ancienne distillerie des Chartreux ; distillerie détruite par un imposant glissement de terrain en novembre 1935.

  Depuis 1936, c’est à Voiron, aux Caves de la Chartreuse, qu’est distillée la célèbre liqueur aux 130 plantes ; liqueur qui porte le nom d’un ordre vieux de plus de neuf siècles et d’un merveilleux massif…

 

Extrait de Au pays de Lilette, de Jules et de Victor, la vie en Chartreuse racontée par les anciens.

 

 

       
(Panneau extrait de l'exposition Fourvoirie de Jadis à Aujourd'hui)

 

 




 
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